
Piombu, Bastia (détail)
Il y a les mots et il y a les choses. Il y a un discours et il y a les faits, issus des chiffres. Il y a des mots qui flattent et des choses qui ne sentent pas bon.
Pour faire croire que la Corse va enfin disposer de structures capables de régler la question des déchets, le Syvadec avance depuis des années ce projet d'usine-mirage, très coûteux, dont les performances ne pourront être que mauvaises. Le Syvadec n'a, en fait, jamais renoncé à l'incinération qu’il nomme aujourd’hui « valorisation énergétique ». Comme ce vieux curé gourmand qui pour manger de la viande le vendredi devant sa bonne prenait la précaution, avant le repas, de la bénir en disant : carne, si battizata pullastru !
Malgré quelques efforts méritoires mais isolés et sporadiques, les Communautés de communes et surtout d'agglomération n'ont jamais réussi (ou voulu) faire un travail sérieux pour organiser le tri et les collectes. C'est la base d'une bonne gestion, mais il faut y travailler, suivre les exemples qui marchent comme nous l'ont expliqué différents invités (Jacques Muller, Rossano Ercolini, Paul Connett), il faut aller voir en Sardaigne, en Toscane, certaines régions d'Alsace ou ailleurs, mais pas à Monaco ! Le meilleur tri se fait à domicile, nous disent-ils tous, avec un taux de réussite excellent, un coût maitrisé et une gestion publique
Rien de tout cela en Corse ! La population se décourage, voyant que rien n'avance, et elle est tentée de ne plus faire les gestes et les efforts nécessaires à sa santé et à son bien-être.
Alors comme on s'enlise dans les ordures, les grands lobbies internationaux et leurs relais locaux veulent nous faire croire qu’ils volent à notre secours avec leurs solutions miracles ! Ils n'ont jamais lâché, car la Corse est un marché qu'ils veulent absolument arracher.
Parce que gérer les déchets est en réalité très rentable, car c'est un service public à la charge des ménages, financé par le biais de la Taxe des Ordures Ménagères prélevée en même temps que la Taxe Foncière. C’est pourquoi les grands lobbies internationaux et leurs relais locaux, y compris les transporteurs, n'ont aucun intérêt à ce que le tri marche !
Pour faire croire que la Corse va enfin disposer de structures capables de régler la question des déchets, le Syvadec avance depuis des années ce projet d'usine-mirage, très coûteux, dont les performances ne pourront être que mauvaises. Le Syvadec n'a, en fait, jamais renoncé à l'incinération qu’il nomme aujourd’hui « valorisation énergétique ». Comme ce vieux curé gourmand qui pour manger de la viande le vendredi devant sa bonne prenait la précaution, avant le repas, de la bénir en disant : carne, si battizata pullastru !
Malgré quelques efforts méritoires mais isolés et sporadiques, les Communautés de communes et surtout d'agglomération n'ont jamais réussi (ou voulu) faire un travail sérieux pour organiser le tri et les collectes. C'est la base d'une bonne gestion, mais il faut y travailler, suivre les exemples qui marchent comme nous l'ont expliqué différents invités (Jacques Muller, Rossano Ercolini, Paul Connett), il faut aller voir en Sardaigne, en Toscane, certaines régions d'Alsace ou ailleurs, mais pas à Monaco ! Le meilleur tri se fait à domicile, nous disent-ils tous, avec un taux de réussite excellent, un coût maitrisé et une gestion publique
Rien de tout cela en Corse ! La population se décourage, voyant que rien n'avance, et elle est tentée de ne plus faire les gestes et les efforts nécessaires à sa santé et à son bien-être.
Alors comme on s'enlise dans les ordures, les grands lobbies internationaux et leurs relais locaux veulent nous faire croire qu’ils volent à notre secours avec leurs solutions miracles ! Ils n'ont jamais lâché, car la Corse est un marché qu'ils veulent absolument arracher.
Parce que gérer les déchets est en réalité très rentable, car c'est un service public à la charge des ménages, financé par le biais de la Taxe des Ordures Ménagères prélevée en même temps que la Taxe Foncière. C’est pourquoi les grands lobbies internationaux et leurs relais locaux, y compris les transporteurs, n'ont aucun intérêt à ce que le tri marche !
Le tri condamné
Le procédé industriel qu'ils vont mettre en œuvre à Monte prétend trier mécaniquement les sacs noirs non triés, qui continueront à être collectés majoritairement (près de 60% des tonnages qui vont arriver à Monte). Il est impossible de recycler ce qui a été jeté en mélange, sauf une faible quantité de métaux, qui sont extraits avec des aimants et autres technologies.
Donc les déchets alimentaires ne pourront pas être compostés (c'est pourtant une obligation légale de les trier à part depuis un an), car dans les sacs fermés ils fermentent et se contaminent avec tout le reste : des résidus de produits chimiques, médicaments, piles, bref tout ce que les gens jettent dans la poubelle sans réfléchir. La chaîne de tri des ordures en mélange va extraire la partie fine et humide par criblage. Puis la faire sécher pour l'enfouir. (au lieu de retourner à la terre, si elle avait été triée en amont et compostée avec du broyat de végétaux). Dans tout le reste en mélange, les emballages seront souillés et ne pourront être acceptés dans les filières de recyclage.
Avec un tri grossier, probablement à la pelle mécanique, ils vont donc sortir ce qui brûle le mieux (plastiques, cartons, textiles), le sécher puis le jeter dans des broyeurs pour fabriquer ce qu'ils appellent des "paillettes". Ils envisagent de les utiliser après ajout d'autres déchets de déchèteries broyés, comme le bois traité, les mousses de rembourrage de mobilier, matelas, différents plastiques, etc…
Ces paillettes sont les CSR (combustibles solides de récupération) et sont très en vogue car l'Ademe considère que c'est de l'énergie de substitution pour les industries qui ont besoin de chaleur (ce que nous n'avons pas en Corse à ma connaissance). Il y a pour cela des aides de l'État et des projets publics ou privés émergent un peu partout.
Donc les déchets alimentaires ne pourront pas être compostés (c'est pourtant une obligation légale de les trier à part depuis un an), car dans les sacs fermés ils fermentent et se contaminent avec tout le reste : des résidus de produits chimiques, médicaments, piles, bref tout ce que les gens jettent dans la poubelle sans réfléchir. La chaîne de tri des ordures en mélange va extraire la partie fine et humide par criblage. Puis la faire sécher pour l'enfouir. (au lieu de retourner à la terre, si elle avait été triée en amont et compostée avec du broyat de végétaux). Dans tout le reste en mélange, les emballages seront souillés et ne pourront être acceptés dans les filières de recyclage.
Avec un tri grossier, probablement à la pelle mécanique, ils vont donc sortir ce qui brûle le mieux (plastiques, cartons, textiles), le sécher puis le jeter dans des broyeurs pour fabriquer ce qu'ils appellent des "paillettes". Ils envisagent de les utiliser après ajout d'autres déchets de déchèteries broyés, comme le bois traité, les mousses de rembourrage de mobilier, matelas, différents plastiques, etc…
Ces paillettes sont les CSR (combustibles solides de récupération) et sont très en vogue car l'Ademe considère que c'est de l'énergie de substitution pour les industries qui ont besoin de chaleur (ce que nous n'avons pas en Corse à ma connaissance). Il y a pour cela des aides de l'État et des projets publics ou privés émergent un peu partout.
De nouvelles dépendances
Les grands lobbies internationaux et leurs relais locaux ont donc mis dans la tête des décideurs trop naïfs qu'il fallait construire des chaudières à CSR pour faire du chauffage urbain. Mais faut-il vraiment créer un réseau de chaleur pour alimenter des logements, autant que possible groupés... peut-être de nouvelles résidences dans la périphérie de Bastia ? Voire à Monte même ?...
Pourtant dans ces zones, on ne chauffe pas beaucoup. Donc et de plus, lors des périodes fraîches, cette usine miracle pourrait produire de l'eau chaude sanitaire et avec la chaleur des chaudières, en utilisant de la vapeur d'eau pour faire tourner des turbines, faire de l'électricité (cogénération) et l'injecter dans le réseau EDF. Hélas, c’est faux car toutes les études montrent que cela revient très cher et que ce n'est absolument pas rentable de produire de l'énergie de cette façon.
Mais une fois le besoin créé, donc la dépendance, pour le chauffage en hiver, il faudra toujours trouver de quoi alimenter les chaudières. Il faudra donc sécher et broyer un maximum de déchets. C’est ainsi que fonctionnent en France les gros incinérateurs urbains. Sans parler des pays nordiques, qui sont maintenant obligés d'importer des déchets pour les remplir. Ce serait le comble du ridicule que pour régler la question des déchets la Corse en soit réduite à en importer du continent !
C'est pourquoi cette usine, dont les capacités sont surdimensionnées (en se basant sur les taux de tri de 2018, 31% de tri en comptant ce qui est apporté en déchèteries et par conséquent 69% d'enfouissement) s'oppose à la réduction des déchets et au tri pour recyclage et compostage. Il faut dire aussi que l'industrie alimentaire, poussée par les lobbies de l'industrie pétrolière, crée toujours plus d'emballages au lieu de les réduire !
Ce qui amène les citoyens qui se sont battus contre les essais nucléaires à l’Argentella, contre les boues rouges, contre les turbines au fioul du Vazziu et contre l’incinérateur de Venaco, etc… à se poser deux questions :
- Pourquoi faire compliqué en passant par le techno-solutionnisme industriel quand on peut faire simple : tri à domicile et bonne organisation de collectes, comme la Communauté de Communes de Calvi-Balagna a commencé à le faire ?
- Pourquoi payer cher pour un très mauvais service quand il y a la possibilité de faire plus économique, et plus écologique, comme le font nos voisins sardes et toscans?
Et à envisager que la réponse pourrait être :
- qu’il s’agit d’assurer le maintien des ressources des transporteurs qui vont continuer à transporter des déchets non triés (80% d'eau dans le déchets alimentaires)
- et surtout de créer des profits pour l'exploitant (privé) de l'usine et les lobbies (industriels) à partir de fonds publics : l’Etat compte financer Monte à 80%.
Pourtant dans ces zones, on ne chauffe pas beaucoup. Donc et de plus, lors des périodes fraîches, cette usine miracle pourrait produire de l'eau chaude sanitaire et avec la chaleur des chaudières, en utilisant de la vapeur d'eau pour faire tourner des turbines, faire de l'électricité (cogénération) et l'injecter dans le réseau EDF. Hélas, c’est faux car toutes les études montrent que cela revient très cher et que ce n'est absolument pas rentable de produire de l'énergie de cette façon.
Mais une fois le besoin créé, donc la dépendance, pour le chauffage en hiver, il faudra toujours trouver de quoi alimenter les chaudières. Il faudra donc sécher et broyer un maximum de déchets. C’est ainsi que fonctionnent en France les gros incinérateurs urbains. Sans parler des pays nordiques, qui sont maintenant obligés d'importer des déchets pour les remplir. Ce serait le comble du ridicule que pour régler la question des déchets la Corse en soit réduite à en importer du continent !
C'est pourquoi cette usine, dont les capacités sont surdimensionnées (en se basant sur les taux de tri de 2018, 31% de tri en comptant ce qui est apporté en déchèteries et par conséquent 69% d'enfouissement) s'oppose à la réduction des déchets et au tri pour recyclage et compostage. Il faut dire aussi que l'industrie alimentaire, poussée par les lobbies de l'industrie pétrolière, crée toujours plus d'emballages au lieu de les réduire !
Ce qui amène les citoyens qui se sont battus contre les essais nucléaires à l’Argentella, contre les boues rouges, contre les turbines au fioul du Vazziu et contre l’incinérateur de Venaco, etc… à se poser deux questions :
- Pourquoi faire compliqué en passant par le techno-solutionnisme industriel quand on peut faire simple : tri à domicile et bonne organisation de collectes, comme la Communauté de Communes de Calvi-Balagna a commencé à le faire ?
- Pourquoi payer cher pour un très mauvais service quand il y a la possibilité de faire plus économique, et plus écologique, comme le font nos voisins sardes et toscans?
Et à envisager que la réponse pourrait être :
- qu’il s’agit d’assurer le maintien des ressources des transporteurs qui vont continuer à transporter des déchets non triés (80% d'eau dans le déchets alimentaires)
- et surtout de créer des profits pour l'exploitant (privé) de l'usine et les lobbies (industriels) à partir de fonds publics : l’Etat compte financer Monte à 80%.